Je ne suis pas mort – version française

Ces dernières semaines, je suis beaucoup allé au cinéma. J’ai vu tout type de film : science fiction, horreur, comédies, drames, thrillers…Aucun ne m’a bouleversé, mais ça, c’est secondaire. Je vais au cinéma pour m’échapper de la réalité. Le temps que dure un film, je me sens à l’abri. J’adore l’obscurité, la moquette, les couloirs interminables qui mènent d’une salle à l’autre. Je ne suis pas un spectateur difficile. Rares sont les fois où je sors en colère ou dégoûté d’un film.

Une de mes salles préférées à Paris, c’est La Bastille, dans la rue du Faubourg Saint Antoine. Surtout les séances du début d’après-midi. Nous ne sommes jamais plus d’une demie-douzaine dans la salle. Il y a deux semaines, j’ai vu «Je ne suis pas mort», un film français vraiment original. L’intrigue est la suivante : un professeur de philosophie politique à l’Université qui vient d’être décoré de la Légion d’Honneur, meurt subitement d’un infarctus. Juste après sa mort, son âme occupe le corps d’un jeune élève à lui d’origine algérienne. L’âme du professeur reste coincée dans le corps de l’étudiant et doit apprendre à vivre dans un univers très différent de la sienne. Au delà d’une certaine critique sociale, Je ne suis pas mort raconte l’histoire d’un personnage qui résiste à la mort, qui s’accroche à la vie bien qu’il doive habiter un corps étranger. On peut aussi l’interpréter comme l’aspiration à monter l’échelle sociale de la part d’un personnage prêt à perdre son âme pour y parvenir.

Parfois, la vie est un inquiétant et dangereux jeu de miroirs. Il est difficile de connaitre précisément les frontières qui nous séparent: où finit notre vie et où commence celle des autres.

Deux jours après avoir vu le film, j’ai croisé Emmanuel Salinger, l’acteur qui joue le rôle du professeur, rue du temple. Je l’avais vu mourir à l’écran puis se réincarner dans un autre personnage. Nous étions à ce moment tous les deux sur le même trottoir, dans cette rue effervescente rue du 3ème arrondissement. Je n’ai pas été choqué de le voir, cela aurait peut-être dû me surprendre davantage, mais Emmanuel Salinger marchait entre les vivants de manière tellement naturelle que j’acceptai sans sourciller ce phénomène surnaturel.

emmanuel-salinger

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